Investissement dans l’économie de la connaissance, innovation et productivité : cas des entreprises manufacturières tunisiennes. (Avril 2021)

Ce travail mesure l’impact des investissements dans l’économie de la connaissance [recherche et développement (R-D), technologie de l’information et de la communication (TIC), capital humain (KH) et changement organisationnel (CO)] sur l’innovation et la productivité des entreprises manufacturières tunisiennes. La méthode d’estimation est basée sur le modèle CDM en trois étapes et la théorie de la complémentarité. Les données utilisées pour estimer ce modèle sont issues de la 8ème enquête de mise à niveau 2016. Les résultats économétriques montrent que les investissements
dans la R&D, les TIC et le changement organisationnel ont un impact positif et significatif sur les performances innovatrices (innovation de produit et/ou de procédé) des entreprises. En revanche, le capital humain apparaît comme négativement associé à la plupart des mesures d’innovation envisagées.
Conformément à la théorie de la complémentarité, l’effet du capital humain a un impact positif sur l’innovation pour le cas des entreprises qui ont investi encore dans le changement organisationnel. Les mêmes analyses montrent aussi la complexité de la gestion des investissements conjoints dans les TIC, le capital humain et le changement organisationnel pour renforcer les capacités innovatrices des entreprises. En effet, contrairement à la théorie de la complémentarité,les entreprises qui investissent intensivement et simultanément dans les TIC, le capital humain et le changement organisationnel diminuent leurs chances d’être innovantes à ce qu’elles auraient dû être si elles avaient investi dans un seul pilier. Les résultats des estimations confirment, également, les relations positives entre l’innovation et la productivité. Le fait d’introduire uniquement des innovations de produit ou les deux formes conjointement (innovations de produit et de procédé) augmente la productivité du travail de 132% et 79%, respectivement.
Les resultats économétriques soulignent aussi que l’innovation contribue à hauteur de 9% à la PGF (productivité globale des facteurs). Cette contribution vient beaucoup plus de l’innovation uniquement en produit (6%) que de la combinaison des deux formes d’innovation (3,6%). Si on ajoute encore l’effet direct du capital humain et du changement organisationnel, on trouve un effet global des IECI (investissement dans l’économie de la connaissance et l’innovation) de 7%. Les mêmes analyses montrent, également, que 55% de la productivité du travail résulte de la productivité globale des facteurs. L’intensité du capital contribue, quant à elle, de 43% contre 2% seulement pour le facteur travail. Il est important ici de signaler que la contribution de l’IECI à la productivité du travail ne se limite pas à sa contribution à la PGF, mais il apparaît que l’effet le plus important est transmis directement à travers le capital-TIC incorporé dans le capital global (deepening effect).

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